La Mothe-Houdancourt, Henri de [?] [1649], CINQVIESME FACTVM, POVR MESSIRE PHILIPPES DE LA MOTHE-HOVDANCOVRT DVC DE CARDONE ET MARESCHAL DE FRANCE. CONTENANT LES INIVSTES ET extraordinaires procedures faites contre luy, par les artifices du Cardinal Mazarin. , françaisRéférence RIM : M0_2849. Cote locale : A_4_8.
page précédent(e)

page suivant(e)

-- 25 --

Escus de pension sur les biens confisquez ; moyennant qu’il
deposast, auoir entendu ledit Seigneur Mareschal mal parler
de sa Maiesté ; adioustãt que pour luy persuader ils luy auoiẽt
leu la deposition d’vn appellé Gerard qu’il leur maintint
estre fausse.

 

Ce n’est pas seulement le Docteur Marty qui s’est sauué
pour auoir agy contre Monsieur le Mareschal : Augustin
Guieno dit & asseure qu’õ a dõné la grace à plusieurs criminels
mesme de leze-Maiesté au second chef, pour les obliger
à deposer : & chose remarquable la plus grand part des mal
condamnez estoient ses ennemis ; & amis de ceux qui ne
l’aymoient pas. Entre les papiers de l’Abbé de Gallicans
chef de la coniuration, se trouua vn memoire contre ledit
seigneur Mareschal apostillé de la main du Docteur Marty :
entre les papiers d’Onophre Achil se trouua vne promesse
de deux mil pistoles au sieur Chabot son ennemy declaré ;
La Baronne d’Albi, André Ferré & le Bailly de Mataro auoient
continuellement monopolé contre luy pendant
qu’il à esté Vice-roy.

Outre les recompenses & les promesses, Chirat & le Docteur
Marty ont contraint plusieurs à deposer contre Monsieur
le Mareschal de la Mothe par l’apprehẽsion de la prison
& par la crainte des peines. Ils firent mettre les prisonniers
qu’ils iugeoiẽt necessaires à leur dessein ; dans les prisons de
l’inquisitiõ, qui est la plus austere de toutes celles de Barcelone.
Ils cõmenceoiẽt par leur dire que ce n’estoit pas à eux
qu’on en vouloit ; mais au Mareschal de la Mothe seul &
qu’incõtinẽt qu’ils auroiẽt deposé cõtre luy on les mettroit
en liberté, s’ils ne le faisoient, Chirat les menaçoit, en disant
auoir l’authorité du Roy de les faire pẽdre & roüer : afin de
les presser dauãtage il les faisoit mettre dãs des cachots plus
obscurs les fers au pieds, & au col : & se porta vn iour à l’exces
de battre le Carcelier pour ce qu’il les traittoit trop doucement.
On voyoit dans les informations que Chirat & le Docteur
menacerent si hautement de faire donner la Gehenne
à vn soldat François appellé Dimas, qui ne vouloit tesmoigner,



page précédent(e)

page suivant(e)