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Mazarinade n° C_7_36

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Anonyme [1649], DISCOVRS D’ESTAT ET DE RELIGION, Sur les affaires du Temps present. A LA REINE. , françaisRéférence RIM : M0_1106. Cote locale : C_7_36.


de la prudence humaine, nous y trouuerons des defauts qui ne
sont pas excusables, & sans les decider par les euenements que la
simple apparence nous découuroit assez quelle voye nous y deuions
tenir de rejetter la Paix dans vn temps, où nous auions desia
veu, que les sources de l’Estat, épuisées ne laissoient plus de resource
au Roy pour continüer la guerre, qu’en la faisant à ses propres
Sujets. Cela ne se peut expliquer, que par la ialousie d’vn Ministre
qui croit ne pouuoir regner que par la confusion : & de passer outre,
apres auoir tant de fois esprouué, que la necessité qui n’a point de
loix, portoit les peuples de toutes parts par les Prouinces aux souleuemens :
Nous ne pouuons taire qu’il falloit que le Ministre y
prefera ses interests particuliers à ceux du Royaume ; de sorte que
nous pouuons dire qu’il n’a point fait de difficulté de nous dépoüiller
de nos Alliances pour se maintenir, & que par l’ignorance
ou infidelité, il nous a reduits enfin à n’auoir point de recours qu’à
nous mesmes. Apres cela, MADAME, nous croyons que vous
ne trouuerez pas mauuais, que nous nous releuions de nostre assoupissement
& que ceux qui sont les plus interessez au seruice du
Roy, & au bien de l’Estat, s’entremettent de vous en donner aduis :
beaucoup d’yeux ont plus de lumiere qu’vn seul, & le deuoir naturel
des Sujets enuers leur Prince, est tousiours moins suspect que le
seruice d’vn Estranger, qui ne sçait pas à peine parler sa langue, s’il
ne s’est pu tenir d’auoüer tant de fois, qu’il ne sçauoit pas les maximes
de l’Estat. Il n’y a personne qui ne l’estimast in capable de le
gouuerner au dedans, quand sa conduite ne l’auroit pas tesmoigne,
& s’il s’est montré si foible au dehors, qu’il n’a sceu maintenir les
principales Alliances auec tant de fortes considerations. Nous n’en
pouuons dire autre chose, sinon qu’il y a grandes differences entre
les talents d’vn Postillõ d’intrigues, & le gouuernement d’vne puissante
Monarchie. Nous sçauons bien que son faste n’a pu ébloüir
que des yeux debiles, & qu’en diuertissant la force de nos armes à
Orbitello, Piombino & Portolongone, au lieu de les employer dans
cette conioncture en Catalogne ; ce ne pouuoit estre que pour
éluder nos progrez, ou se faire redouter en Italie, au lieu d’y faire
redouter la France, nous ne trouuons point de raisons, pourquoy il
ait affecté de faire de son frere vn Vice-Roy de si basse estoffe, &
d’vn petit Religieux trauesty depuis trois iours, vn General d’armée,