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Mazarinade n° B_9_31

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Anonyme [1652], AVX FRANÇOIS FRATRICIDES, PAR VN ECCLESIASTIQVE. , françaisRéférence RIM : M0_436. Cote locale : B_9_31.


place, pour la défaire par elle-mesme, & estre comme les
Ministres de leur fureur, executant par vous-mesmes ce
qu’elles auoient desesperé de pouuoir faire de leur part,
en sorte qu’elles n’ont qu’à se rendre spectatrices de vos
fratricides, & d’attendre d’en recueillir vne moisson qui
sur passe leur esperance ?
 
Mais pour vous parler plus particulierement comme à
des Chrestiens (bien que ce que i ay desia dit vous touche
encore en cette qualité) vous estes Chrestiens pour faire
briller vos espées contre les Infideles, & vous les tournez
contre les Prestres, & contre les lieux sacrez ? Vous épanchez
le sang de vos veines : Car & vous, & ceux que vous
massacrez, & faites nager dans leur sang, n’auez la vie de
Chrestien que dans la participation du mesme sang du
Fils de Dieu, versé de ses veines dans celles de tous ses fideles.
Est-ce vne voye pour affermir le Throsne du tres-Chrestien
de prophaner les Temples, commettre des insolences
& inhumanitez, & rendre son Royaume le Theatre
des Furies, & l’image de l’Enfer ? Croyez-vous seruir
vostre Roy en prouoquant contre luy la colere de son
Dieu, & son Roy, & par des actes d’hostilité qui vont contre
luy par contre coup, luy apporter vn vtile secours ?
Vos pretendus interests s’en iront en fumée, & l’interest
de vostre salut, auquel vous ne songez pas, échapera
de vos mains. Mais l’horreur d’vn inconceuable remors,
& le comble des tourments de la Iustice diuine vous accueilleront,
& vous serez leur proye & leur victime sans
fin. Car s’il faut taster le pouls du cœur, il se trouuera
(ie ne le dis pas de tous, mais peut-estre le pourrois-ie dire
de plusieurs) que le seruice du Roy qu’ils ont graué dãs
le cœur, est le seruice de celuy qu’on appelle le Roy du
Monde ; ainsi que Iesus-Christ appelle le Demon le Prince
de ce Monde ; Ce Roy, c’est l’interest, & c’est pour luy
& pour leurs vaines esperances qu’ils trahiroient volontiers
leur patrie, & coniureroient sa ruine : Malheureux
qu’ils sont, & sans humanité, la vie d’vn simple Soldat ou
du moindre des Païsans, deuant estre plus pretieuse deuant


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