LA VERITE TOVTE NVË, OV ADVIS SINCERE & des-interessé, sur les veritables causes des maux de l’Estat, & les moyens d’y apporter le remede.

Auteur
Faure, ? [?] = Arnauld d'Andilly, Robert [?]
Éditeur
[s. n.]
Date d'édition
1652
Lieu d'édtion
Paris
Langue
français
Nombre de pages
16
Référence Moreau
M0_4007
Cote locale
B_17_13
Note
Dans Choix II de Moreau et pièce 11 des 52 de Carrier
Dernière modification
2017-04-29 13:25:27
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Commentaires

Commentaire de : Patrick Rebollar, créé le 2013-01-07 08:11:13.
Notice Moreau : Écrit de bonne foi, sans passion et dans un véritable sentiment de patriotisme. L'auteur accuse tout le monde, et il a raison : Mazarin qui a laissé piller les finances ; le Coadjuteur qui est un factieux ; le Parlement qui veut se faire l'arbitre de l'État ; M. le Prince qui prétend être maître des affaires et traite avec l'Espagne et avec Cromwell ; le duc d'Orléans qui n'a que de bonnes intentions. Il dit que l'éloignement de Mazarin calmerait les troubles ; mais si le roi n'y consent pas, il faut obéir. C'était la doctrine de Matthieu Molé. Mailly indique ce pamphlet dans la note de la page 127 de son IIe volume ; il y revient encore dans la note de la page suivante ; il le proclame « l'ouvrage le plus satisfaisant, le plus raisonnable qui soit sorti de la presse dans ces temps d'extravagances. » Il en cite un assez long fragment sur la vénalité des charges : « Doit-on s'étonner (des excès du Parlement), puisque cette malheureuse paulette qui expose au plus offrant et dernier enchérisseur le pouvoir de juger souverainement de nos biens, de notre honneur et de nos vies, fait entrer dans ces charges, qui devroient être la récompense du savoir et de la vertu, ou des personnes, la plupart de petite naissance et de nul mérite, ou des jeunes gens qui surpassent les courtisans en beaux habits, en belles livrées et en toutes sortes de dissolutions, qui font gloire de paroître avec plus de galons et de points de Gênes, et plus poudrés, plus frisés que des femmes au cours, aux bals, à la comédie, dans les palais des altesses et dans ces académies, où les cartes et les dés sont les livres qu'ils étudient pour apprendre à bien rendre la justice, où les impiétés et les blasphèmes sont les dits et paroles notables de ces sages, non de l'ancienne Grèce, mais de la nouvelle France ? » La "Vérité toute nue" a été brutalement combattue par Dubosc Montandré dans "l'Avocat général" [M0_555], et réfutée avec politesse, en ce qui touche à la conduite politique du Parlement, par Claude Joly dans le "Recueil de maximes véritables et importantes pour l'institution du roi", page 388 de l'édition elzevirienne. La péroraison en a été reproduite dans le singulier pamphlet intitulé : "Ovide parlant à Thyeste" [M0_2637], etc. La "Vérité toute nue" est attribuée au P. Faure. Il y en a une autre édition plus belle et de 26 pages. Je la croirais volontiers sortie des presses de l'Imprimerie royale.
Commentaire de : Patrick Rebollar, créé le 2016-08-02 01:59:19.

Cette pièce est attribuée à Arnauld d'Andilly, notamment par Hubert Carrier (voir "Port-Royal et la Fronde", p. 6, et page Wikipédia d'Arnauld d'Andilly).

Carrier ajoute : "il est certain que ce n'est pas Arnauld d'Andilly qui a donné à imprimer "La vérité toute nue" : nous savons précisément, au contraire, que le solitaire en faisait distribuer des copies manuscrites à ses amis et relations par son propre fils, que cette diffusion confidentielle se prolongea pendant tout le mois de juillet 1652, et que c'est seulement au début d'août que, par hasard ou à dessein, une copie finit par arriver entre les mains d'un imprimeur." ("Les hommes du livre", p. 173)

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