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2. PISTES pour la RECHERCHE

♦ L’accès public aux recherches dans notre corpus de Mazarinades est ouvert depuis mars 2011. Après cette date, quelques bugs dans les requêtes ont été corrigés, la syntaxe des références a été complétée et l’accès aux images des pages ouvert. Il convient donc maintenant (juillet 2011) de donner des informations générales et quelques pistes d’exploration pour guider les visiteurs, tous bienvenus, qu’ils soient déjà connaisseurs, avec des questions précises, ou qu’ils arrivent ici par les aléas de leur navigation.

♦ Le terme « Mazarinades » ne désigne pas un genre littéraire ou professionnel. Au-delà du fait d’être contemporains de la Fronde et de concerner, même parfois d’assez loin, les affaires de la France en étant peu ou prou pour ou contre Mazarin, les textes et les documents qui ont été estampillés « Mazarinades » sont de genres textuels fort variés, et d’auteurs tout autant. L’intérêt historique porté aux Mazarinades depuis le XVIIIe siècle et les sélections de pièces publiées ont parfois laissé croire qu’il s’agissait d’un ensemble d’œuvres éminemment littéraire. Il faut dire haut et fort qu’il n’en est rien. Il s’agit d’abord et toujours d’une parole politique, souvent polémique, parfois poétique, lyrique ou parodique, c’est selon. C’est précisément cette extrême diversité dans un ensemble volumineux qui présente un intérêt que n’offrent pas les œuvres, fussent-elles intégrales, de tel ou tel auteur, de telle ou telle corporation.

Quelques chiffres, pour savoir dans quoi l’on cherche…

♦ Le site mazarinades.org accueille et donne accès à un corpus de mazarinades d’environ 2700 pièces datant des années 1648-1653 (volume de la collection dite de Tokyo, voir détails ici ou écouter là). L’objectif est, d’ici quelques années et grâce aux partenariats entre l’équipe des RIM et des bibliothèques disposant d’importants fonds, de présenter en ligne un corpus d’environ 5000 pièces.

♦ L’ensemble de ces 2700 pièces totalise à peu près 50.000.000 de caractères (oui, 50 millions, et le double lorsque la version moderne de chaque pièce sera également en ligne) qui forment plus de 7 millions de mots, dont 137.000 mots uniques environ, provenant de plus de 34.000 images de pages.

Disciplines concernées, au minimum…

Les recherches permises par les fonctions du moteur de recherche dans une telle quantité de textes sont très nombreuses et peuvent répondre à des questions ou servir à des études dans un grand nombre de disciplines.
Voici les disciplines qui nous semblent directement concernées, notamment pour la France et la langue française :

  • l’histoire,
  • l’histoire sociale,
  • l’histoire politique,
  • l’histoire religieuse,
  • l’histoire militaire,
  • l’histoire administrative,
  • l’histoire du droit et du droit institutionnel,
  • l’histoire des idées,
  • l’histoire de l’édition,
  • l’histoire de la langue,
  • la philologie,
  • l’archivistique,
  • la diplomatique,
  • la codicologie,
  • la lexicologie,
  • la linguistique,
  • la littérature,
  • la géographie,
  • l’économie,
  • la médiologie,
  • l’histoire de l’environnement et du climat,
  • l’histoire de la médecine.

Nous allons essayer d’en donner quelques aperçus dans les exemples suivants, avec des liens ouvrant de nouvelles fenêtres.

Exemples et syntaxes de recherches simples

♦ Le plus simple, en effet, est déjà de chercher un mot.
Par exemple, reine : on en trouvera 1761 occurrences, ce qui donnera déjà beaucoup à lire si l’on veut parcourir les 18 longues pages de résultats, développer les contextes, visionner les images des pages originales… Il est bien possible qu’une étude approfondie de ce seul vocable bouscule quelque peu le sens qui lui était jusqu’alors attribué.

Bien sûr, le mot existe aussi au pluriel, même s’il n’y a que 34 occurrences de reines.
Mais attention, l’orthographe de l’époque était multiple et incertaine : il y avait surtout reyne (4149 occ.) et reynes (109 occ.), mais aussi royne (165 occ.) et roynes (5 occ.), voire roine (4 occ.) et roines (théoriquement, puisqu’on n’en trouve aucune occurrence).

♦ Avec barre verticale entre des mots :

Pour rassembler ces différentes orthographes dans une seule requête, il faut employer une syntaxe simple :1 reine|reyne|royne|roine (où se rassemblent les 6079 occ. prévues), ainsi qu’au pluriel : reines|reynes|roynes (148 occ.), ou bien toutes ensemble :  reine|reyne|royne|roine|reines|reynes|roynes (6227 occ.).

Cette barre peut aussi servir à rassembler les occurrences de plusieurs mots, comme noir et blanc : noir|blanc (343 occ.). Mais cela ne signifie pas que les deux mots se trouvent ensemble dans chaque occurrence ; pour la co-occurrence, voir plus bas.

♦ Avec point et point d’interrogation en fin d’expression :

Les requêtes reine.? (1824 occ.) ou reyne.? (4347 occ.), puis logiquement  reine.?|reyne.? (6171 occ.), permettent de rechercher les formes finissant par les lettres « …ne » suivies d’une autre lettre, quelconque, donc possiblement un « s ».2
Idem pour le blé, sous les formes bled et bleds, avec la requête bled.?.

♦ Avec point et astérisque en fin d’expression :

La requête arrest.* (6298 occ.) rassemble tous les mots commençant par ces lettres ; dans les résultats, on verra aussi bien Arrest (un Arrêt, ou un Arrêté, document officiel), les formes du verbe arrester (surtout au sens policier d’appréhender). Seulement 5 occurrences de la forme arret(s), et encore sans accent circonflexe.
Dans toutes ces occurrences, aucune arrestation : le mot n’existe pas encore !

♦ Avec point intérieur, qui remplace une quelconque lettre :

La requête re.ne (7080 occ.), regroupe reine, reyne, c’est bien, mais aussi, attention, la forme regne (aujourd’hui, « règne »). Attention, si l’on met deux points, on remplace deux lettres, et la requête re..ne (24 occ.) retourne : reigne, reygne, mais aussi un remene
La recherche de r.mpart (72 occ.) regroupe les orthographes rempart (60 occ.) et rampart (12 occ.). Avec le pluriel : r.mpart.? (115 occ.).

Autre exemple avec voiture : voit.re semble regrouper les 120 occurrences de voiture et voitvre (le « V » étant le plus souvent employé pour le « U » en majuscule, donc souvent dans les titres), mais attention, parmi ces occurrences, il y a aussi le nom propre Voiture (de Vincent Voiture).
Combinaison possible pour avoir ensemble le singulier et le pluriel : voit.re.? (135 occ.)

♦ Avec majuscule, pour associer les formes accentuées :

Par exemple pour un mot ayant un accent sur la première lettre, comme état. La requête état rassemble 39 occurrences, tandis que celle de Etat en réunit 120. Cependant l’orthographe Estat est beaucoup plus productive : 13274 occurrences ! (dont un hapax éstat…)
Le maximum d’efficace sera atteint par la requête Estat.?|Etat.? (les deux formes ensemble, l’accentuation et le pluriel possibles) : 16380 occ.
Ainsi la prétention nouvelle3 au « salut de l’état » pourra-t-elle être cernée par les 116 occurrences de la requête : sal[u-v]t Estat|Etat (avec choix des « termes séparés par 2 mots »).

L’accent reste optionnel dans les casses d’imprimeurs. Ainsi la requête libertE (2664 occ.) fait apparaître les deux options (et même un libertè fautif à l’évidence).

♦ Avec des lettres entre crochets :

Dans l’exemple du « salut de l’état », la syntaxe sal[u-v]t (1325 occ.) permet de rechercher à cet emplacement toutes les lettres de l’alphabet entre « u » et « v », elles-mêmes comprises. Or il n’y a qu’elles deux, ce qui limite la requête à sa stricte nécessité. Dans ce cas, même l’élargissement à tout l’alphabet n’a d’intérêt : sal[a-z]t (1327 occ.), ou sal.t (1328 occ.).

Cette syntaxe sera utile pour tous les cas d’ambivalence u/v, même redoublée, comme c’est le cas avec « univers » : [u-v]ni[u-v]rs (689 occ.), l’orthographe la plus courante de l’époque étant « vniuers »…

Exemples édifiants

  • Le thème du jeu, dans tous ses sens, en une seule requête, grâce à l’expression complexe : [i-j]oUE.*|[i-j]eu.? (1397 occ.), rassemblant d’une part toutes les formes du verbe jouer, orthographié iouer, ioüer, et ses dérivés jouet, joueur, etc., d’autre part les formes du substantif jeu(x) dans ses différentes orthographes.
  • Tyran, tyrannie, tyranniser, etc. : le tout dans la requête tyran.* (3660 occ.). On comparera avec intérêt les requêtes combinées (avec 5 mots de distance) : tyran.* roi|roy (19 occ.) et tyran.* mazarin|cardinal (184 occ.).
  • Autour du pain : « Paris » et « pain » dans la même phrase, avec la requête paris pain (247 occ.), ainsi que les expressions commençant par le mot « pain » : pain de (96 occ.), ou celles contenant « pain » et « eau » : pain eau (à 5 mots de distance, 10 occ.).
  • à suivre…
___________ Notes :
  1. Voir aussi les « recommandations pour la recherche » vers le bas de la page d’accueil des recherches. []
  2. Il faut croire qu’il existe quelque autre ou quelques autres terminaisons possibles, ou fautives, puisque la somme de 6171 occurrences est différente de celle de la requête reine|reines|reyne|reynes : 6053 occ. []
  3. Prétention nouvelle au XVIIe siècle et de la part des parlements, robins, nobles, courtisans, voire des représentants des marchands et du peuple. []