LA CVSTODE DE LA REYNE QVI DIT TOVT.

Auteur
Anonyme / ou Chauvigny de Blot, Claude de [?]
Éditeur
Morlot (Claude) [?]
Date d'édition
1649
Lieu d'édtion
Paris [?]
Langue
français
Nombre de pages
7
Référence Moreau
M0_856
Cote locale
B_4_15
Note
Rare.
Dernière modification
2016-08-02 12:23:40
Consulter (réservé aux utilisateurs autorisés)

Commentaires

Commentaire de : Patrick Rebollar, créé le 2012-11-12 08:13:09.
Notice Moreau : On sait que les amateurs recherchent, entre toutes les Mazarinades, huit pièces en vers, qui sont : La "Pure vérité cachée" [M0_2928], la "Custode de la reine", la "Famine" [M0_1371], le "Gouvernement présent ou Éloge de son Eminence" [M0_1503], la "Miliade ou Éloge burlesque de Mazarin" [M0_2467], la "Mazarinade" [M0_2436], le "Testament [en fait : Tempérament] amphibologique" [M0_3758] et la "Bouteille cassée" [M0_604]. La "Custode" est la plus rare. C'est tout son mérite, à moins qu'on ne veuille lui compter pour quelque chose l'odieux libertinage de trois ou quatre mauvais vers. « Samedi dernier, de grand matin, dit Guy Patin, dans une lettre du (mercredi) 21 juillet 1649, à M. B., fils, un imprimeur nommé Morlot, fut ici surpris imprimant un libelle diffamatoire contre la reine, sous ce titre "La Custode du lit de la reine". Il fut mis au Châtelet ; et, dès le même jour, il fut condamné d'être pendu et étranglé. Il en appela à la cour. Lundi, on travailla à son procès. Hier mardi, il fut achevé, et sa sentence confirmée. Quand il fut sorti de la cour du palais, le peuple commença à crier, puis à jeter des pierres, à tomber à coups de bâton et d'épée sur les archers, qui étoient en petit nombre. Ils commencèrent à se défendre, puis à se sauver. Le bourreau en fit de même. Ainsi fut sauvé ce malheureux, et un autre qui étoit au cul de la charrette, qui devoit avoir le fouet et assister à l'exécution de Morlet. Il y eut un archer de tué, plusieurs fort blessés. "De coeteris Deus providebit". » T. V, p. 31. Guy Joly raconte que Le Grant, lieutenant criminel, qui commandait les archers, reçut plusieurs coups de bâton, et eut assez de peine à se sauver. "Mémoires", p. 35, coll. Michaud. Pendant qu'une bande délivrait ainsi Morlot aux abords de la cour du palais, une autre bande se portait sur la place de Grève, pour y détruire l'instrument du supplice. Elle abattit la potence, rompit l'échelle en plusieurs morceaux, lança des pierres et des cailloux dans les vitres de l'Hôtel de Ville, et continua le bruit et le désordre dans la place jusqu'à neuf heures du soir ("Registres de l'Hôtel de Ville pendant la Fronde", II, 34). Selon Guy Joly et le cardinal de Retz, les libérateurs de Morlot étaient des garçons libraires ou imprimeurs. D'après un registre des archives concernant la ville de Paris, registre tenu par un prêtre de la paroisse de Saint-Paul, de 1640 à 1658, c'étaient des écoliers ; mais les procès-verbaux de l'Hôtel de Ville les qualifient de "gens de néant, vagabonds, sans nom, sans lieu et sans exercice". Dès le lendemain de l'émeute, c'est-à-dire le mercredi 21, il y eut une assemblée de l'Hôtel de Ville, dans laquelle il fut décidé qu'une députation irait témoigner au roi et au duc d'Orléans ses regrets de l'enlèvement de Morlot, et faire le récit de cet enlèvement au chancelier et au parlement. Les colonels, quarteniers et dixainiers promirent de veiller au maintien de la paix publique ("Relation de ce qui s'est passé en l'assemblée tenue en l'Hôtel de Ville, le 21 juillet 1649" [M0_3124]). Une députation composée de MM. les prévôt des marchands et échevins, du procureur du roi et du greffier de la ville, de MM. d'Oinville, conseiller, Miron, colonel, et Tartarin, quartenier, se rendit, en effet, le 23 juillet, auprès du parlement, puis auprès du chancelier, qui était à Paris. Le 29, elle fit le voyage de Compiègne, où elle eut une audience du roi, et une du duc d'Orléans. Il n'est peut-être pas inutile de remarquer que la reine mère, dans sa réponse au prévôt des marchands, ne parla que des pamphlets « qui n'épargnoient pas même la personne du roi. » Encore le fit-elle dans les termes de la plus grande modération et avec une sorte d'indifférence. Le 27, les colonels avaient été priés, de par le prévôt des marchands et échevins, de mander aux capitaines de leurs colonelles « qu'ils fissent en sorte que, par eux et les officiers de leurs compagnies, il se pût découvrir qui étoient ceux qui avoient eu l'audace de complotter entr'eux l'enlèvement d'un nommé Morlot, etc. » Déjà, le 5 du même mois, en suite d'une communication du duc d'Orléans, M. le duc de Montbazon, gouverneur de Paris, et MM. les prévôt des marchands et échevins avaient invité les colonels et quarteniers « à apporter, pour leur part, tout le soing qu'ils pourroient pour empêcher qu'il ne s'imprimât, criât, vendît, ne débitât aucun libelle diffamatoire, sous quelque prétexte que ce fût, se saisissant de ceux qui imprimeroient, crieroient, vendroient et débiteroient lesdits libelles, pour être mis ès mains des juges ordinaires. » J'ai fait connaître ces actes, afin que l'on comprît bien quels engagements les colonels avaient pris, en promettant de veiller au maintien de la paix publique. L'imprimeur de la "Custode" est nommé "Marlot" dans les "Mémoires" du cardinal de Retz et dans ceux de Guy Joly. C'est une erreur, aussi bien que le "Morlet" de Guy Patin. Son véritable nom était Morlot, Claude. Il avait sa boutique dans la rue de la Bûcherie, à l'enseigne des Vieilles Étuves. Si Morlot a été surpris imprimant la "Custode", on comprend qu'il n'existe qu'un très-petit nombre d'exemplaires de ce sale pamphlet. M. le comte Léon de Laborde, qui l'a reproduit dans ses notes du "Palais Mazarin", p. 157, l'attribue au fameux Blot ; M. le baron Walckenaër, dans les "Mémoires sur madame de Sévigné", p. 213 du Ier vol., le croit de Morlot lui-même, qu'il fait poëte et qu'il appelle "Marlet". Je ne m'explique ni l'une ni l'autre de ces deux assertions.
Commentaire de : Patrick Rebollar, créé le 2016-08-02 12:22:48.

Également attribué à Blot par Pierre Goubert ("Mazarin", Fayard, 1990, p. 293)

Fac-similé de la première page